Le monde économique dans lequel nous vivons tous oblige le syndicalisme à se professionnaliser. Nous ne l'avons pas voulu, ce n'est pas notre choix.

Mais la CFDT en tire toutes les conséquences.

Pour défendre et représenter les salariés, il faut désormais acquérir des compétences et des savoir faire qui n'étaient pas nécessaires avant.

Le syndicalisme se professionnalise, et ne pas se former, ne pas apprendre c'est manquer de respect aux salariés.

C’est pour cela que la CFDT a construit des équipes, partout et pour tous les mandats et tous les sujets. Aucun d’entre nous n’est capable de connaître tous les sujets, de maîtriser les techniques, les règles ou les compétences dans tous les domaines. Travailler en équipe est la meilleure garantie de compétence et nous avons fait ce choix.

Mais cela nécessite que les salariés votent pour désigner celles et ceux qui feront ce travail, prendront en charge ces mandats et agiront pour eux.

Ce qui rend l’action de l’UNSA encore plus absurde et irresponsable, malheureusement !

Pour défendre un salarié face à l'arbitraire de la Direction, il faut connaître le code du travail, maîtriser les risques juridiques, savoir ce que le Droit permet, ou non.

Pour négocier une politique de salaire, il faut savoir lire un bilan, comprendre le fonctionnement économique de l'entreprise et, grâce à cela, savoir trouver les arguments qui vont convaincre la Direction d'aller au-delà de son objectif.

Pour signer une mutuelle d'entreprise et éviter que la Direction n'augmente nos cotisations chaque année, il faut maîtriser les techniques des contrats, suivre avec vigilance les modifications législatives, participer avec constance à toutes les réunions techniques de suivi. Et alors seulement on peut apporter la contradiction à la Direction et défendre concrètement vos intérêts et vos revendications.

Pour recadrer un déménagement et accompagner tous les salariés quand on les déménage, il faut apprendre et maîtriser les normes d'architecture, les règles sanitaires, les obligations légales de l'employeur, il faut contrôler des plans, pièce par pièce et bureau par bureau.

Il faut aller sur le terrain pour vérifier que les plans correspondent à la réalité, que personne n'a été oublié, pour prendre en compte le fauteuil roulant d'un collègue qui aurait été oublié.

Pour rendre un avis sur une modification dans l'entreprise, il faut connaître l'entreprise et surtout les salariés, il faut aller au terrain sans cesse, confronter le projet de la direction à la réalité de leur quotidien, et alors seulement il est possible de rendre un avis "motivé" c'est-à-dire construit à partir de leur volonté.

Pour organiser et mettre en œuvre les "Activités Sociales et Culturelles" il faut connaître la Loi, savoir faire un budget et le mettre en place, négocier avec des banques pour que tout l'argent serve les salariés, connaître les besoins des uns et des autres et travailler à rendre des services équitables. Mais il faut aussi savoir passer un appel d'offre pour choisir un logiciel comptable, savoir trouver et financer un logiciel pour que le CCE sur Internet fonctionne. Et encore négocier avec l'URSSAF pour que les prestations soient bien versées légalement et intégralement.

Pour aller au Comité Européen et essayer de consolider la politique sociale de Generali Monde, qui impacte la France, il faut connaître les outils européens, savoir parler, échanger et confronter nos besoins avec ceux de nos collègues d'Italie, de Belgique, d'Allemagne, d'Espagne, d'Autriche, de Tchéquie et de tous les autres pays.

Il faut apprendre comment se règlent les problèmes, se disent les choses auprès des Directions italiennes pour être surs d'être entendus et compris… et obtenir du concret.

Désormais il n'y a pas d'action syndicale "simple", de la première question de Délégué du personnel, en passant la négociation avec la DRH pour les horaires, les salaires et en allant à la confrontation avec Antoine Bernheim et maintenant monsieur Geronzi, il faut devenir efficace, pertinent, rigoureux.

Quel que soit le résultat du Tribunal, il ne faut pas perdre  de vue que notre travail demeure et que nous sommes en devoir de nous donner tous les moyens de le réaliser pleinement.