par Aurélie Seigne

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Supprimer la première tranche de l’impôt sur le revenu revient à amputer l’impôt le plus juste et entretenir la petite musique du ras-le-bol fiscal. La CFDT dit son désaccord.

« En annonçant la suppression de la première tranche d’impôt sur le revenu, le gouvernement envoie un mauvais signal aux Français », juge la secrétaire nationale Jocelyne CabanalCette mesure vise à compenser l’annulation par le Conseil constitutionnel, au début du mois d’août, du volet « solidarité » du pacte de responsabilité, qui prévoyait une baisse de cotisations salariales entre 1 et 1,3 Smic. Le dispositif devait toucher 5,2 millions de salariés et 2,2 millions de fonctionnaires.

La suppression de la première tranche d’impôt sur le revenu, qui doit être complétée d’une fusion de la prime pour l’emploi et du RSA, se traduirait par une diminution de 3 millions du nombre de foyers imposables et un allègement d’impôt pour 6 autres millions.

Redonner du sens à l’impôt

« Il existe bien d’autres moyens de redonner un coup de pouce aux ménages modestes, à commencer par la réduction des impôts indirects, qui pèsent moins sur les ménages aux revenus élevés que sur les ménages à bas revenus », a réagi Jocelyne Cabanal. La secrétaire nationale estime qu’en réduisant le nombre de foyers imposables, « on accentue encore l’idée reçue selon laquelle une moitié des ménages financerait les dépenses publiques dont profiterait l’autre moitié ».

La CFDT plaide pour une réforme fiscale en profondeur qui rééquilibre le poids des impôts progressifs dans l’ensemble des prélèvements et rende l’impôt sur le revenu plus juste et plus lisible, à travers un taux moyen d’imposition croissant en fonction des revenus du ménage. « C’est la condition pour redonner du sens à l’impôt. »