La Direction annonce sa volonté de dénoncer l'accord de temps de travail du 19 novembre 2003.

Nous avons écouté attentivement ses propos lors de cette réunion de Comité Central. Elle ouvre des pistes. Il n'en demeure pas moins que ces circonstances sont historiques.

Les salariés de Generali se sentent méprisés et insécurisés : "Dévalue our people" ?

La CFDT dénonce cette décision et ses conséquences. Elle est injuste, infondée et déloyale.

 

Une décision injuste.

Pourquoi augmenter le temps de travail quand les salariés de Generali travaillent déjà largement plus que la durée officielle ? Il suffit de regarder les compteurs d'heure qui explosent, les cadres au forfait qui font des journées à rallonge, sans compter le travail transféré à la maison.

Depuis le début de la crise financière, les salariés de Generali ont subi une augmentation de leur charge de travail sans précédent. La diminution de l'effectif CDI, CDD et intérimaire a amplifié la pression sur les salariés.

Un travail qui augmente, mais qui se dégrade du fait de la multiplication de réorganisations plus confuses les unes que les autres.

Cette double contrainte s'est accompagnée de la perte progressive des compensations légitimes qu'attendent les salariés : salaires, primes et mesures individuelles.

Il est injuste de faire peser le poids d'une augmentation de temps de travail sur celles et ceux qui fournissent tant d'efforts.

Les salariés ont déjà très largement contribué aux objectifs fixés par la Direction Générale.

Une décision infondée.

La Direction prétend qu'elle doit augmenter la productivité et la qualité de service qu'attendent nos clients. Elle décide que les salariés vont donner les ressources pour le faire.

La CFDT conteste ce choix.

La Direction refuse de traiter ses problèmes d'organisation du travail. Elle contraint les salariés à compenser ses dysfonctionnements en passant plus de temps à résoudre des problèmes internes ou l'absence de support. La Direction détourne les salariés de leur travail : servir le client, aider les collègues. Les Directeurs ne remplissent pas leur fonction : identifier les vrais problèmes et les résoudre.

La productivité des salariés dépend également des outils informatiques. Leur qualité est le moyen réel et principal pour répondre aux attentes de nos clients et de nos collègues. Ces outils sont produits, contrôlés ou améliorés par les services informatiques de l'entreprise.

La Direction Générale se refuse à traiter sérieusement cette question. En ne pilotant pas les budgets de façons centralisée et sous la contrainte du résultat, elle a transformé chaque sous ensemble en silos dont certains bloquent tout en ne lâchant ni budget, ni ressources, ni moyens.

La transversalité indispensable à la réussite des missions de l'informatique est bloquée à tous les échelons.

Les organisations du travail ne sont pas orientées vers les vrais problèmes.

Les salariés ne disposent donc pas des outils fiables, efficaces et productifs dont ils ont besoin.

Cette décision n'est donc pas fondée.

Une décision déloyale.

Le pacte social de notre entreprise repose sur une dynamique simple : les efforts sont partagés, les résultats sont partagés.

Pour réussir face aux problèmes, la Direction a toujours pris le temps de construire avec les salariés et leurs représentants un diagnostic et des solutions.

Le Comité de Direction rompt avec cet équilibre.

Provoquer une négociation sous la menace d'une dénonciation remet en cause notre pacte social.

Ce choix stratégique implique que les salariés sont désormais sous la menace constante d'un chantage. Aujourd'hui un chantage à la perte des "avantages acquis", demain un chantage à l'emploi.

Le projet "We demain" prétend créer une communauté sur des engagements et des objectifs communs. Monsieur Greco a beau jeu de se présenter sur scène comme un patron de téléphonie qui fait son show : contrairement aux jargons anglo-saxons dont nous sommes submergés depuis des mois, la Direction de Generali ne tient pas ses promesses, elle ne reconnait pas ses salariés.

Ce n'est pas loyal.

La CFDT dénonce ce procédé et elle prend ses responsabilités.

La Direction provoque une négociation dont l'échec provoquerait la fin de tous les équilibres que nous avons patiemment construits.

Les élus de la CFDT prennent cette menace au sérieux.

Notre mandat est de négocier. Car sans négociation et sans résultat concrets, ce sont les salariés qui se trouvent seuls face au rapport de force dans l'entreprise. Et ce sont toujours les plus fragiles qui trinquent.

Les élus de la CFDT vont négocier pour défendre leurs collègues. Ils ont l'ambition de les protéger et de leur apporter ce dont ils ont besoin.

Toute négociation doit commencer par un diagnostic.

Le temps c'est de l'argent.

Augmenter le temps de travail sans le payer, c'est créer une dette de l'entreprise vis-à-vis des salariés. Au cours de cette réunion de Comité Central, la Direction annonce son projet de 5 jours de plus pour chacun ! 5 jours non payés !!

La CFDT veut que la Direction Générale paye cette dette. De façon concrète.

Les limites que la CFDT refusera de bouger sont simples : pas de perte de RTT pour les employés, une compensation pour les cadres non optant au variable, et un système de variable refondé loyalement pour les cadres optant.

L'entreprise annonce dans son projet qu'elle veut "libérer les énergies collectives et individuelles et responsabiliser l'ensemble des équipes et des collaborateurs".

Si la Direction veut "libérer les énergies", alors la CFDT revendique :

  • la mise en oeuvre du télétravail pour tous
  • que les salariés puissent organiser leur temps de travail. Puisqu'ils vont travailler plus, alors qu'ils choisissent quand et comment.
  • que les salariés puissent aménager leur environnement de travail.
  • Que toutes les permanences abusives cessent dans l'entreprise.

Si la Direction veut "responsabiliser les équipes", la CFDT revendique :

  • Le rétablissement des primes individuelles qui manquent aux salariés, employés comme cadres.
  • Une application sincère et objective des règles de variable des cadres. Ce qui est fait doit être payé : il faut revoir tout l'équilibre de l'accord qui les concerne.
  • Des moyens opérationnels et concrets donnés aux managers, ils sont celles et ceux qui sont les premiers au contact des salariés et de la réalité du travail et de ses contraintes.

La Direction Générale a décidé de libérer l'entreprise ?

Qu'elle commence par la libérer des contraintes inutiles, des fausses pistes. Qu'elle libère les salariés du temps passé sur les process creux et du temps perdu avec des outils indispensables mais inefficaces.

Quelle reconnaisse que le vrai talent ce sont les salariés de notre entreprise. Et qu'ils attendent une vraie reconnaissance.

La CFDT sera présente et exigeante lors de la négociation. Les salariés attendent des résultats concrets. Nous en apporterons.

Et la Direction devra prendre toutes ses responsabilités. Ou bien elle conclut avec nous les accords sociaux nécessaires et indispensables. Des accords concrets qui apportent des résultats concrets.

Ou bien elle ne le fait pas et entraînera toute l'entreprise, tous les salariés, dans une dérive sociale, humaine et économique aux conséquences imprévisibles.

La Direction a voulu provoquer une tension sociale, c'est son choix.

La CFDT lui rappelle que c'est désormais à elle de prouver qu'elle est capable d'y faire face.

Philippe Forestier DSC CFDT