Monsieur le Directeur,

Notre Groupe est au centre d'une opération boursière de grande envergure.

En suivant attentivement la presse nationale et italienne, la stratégie de la Banque Intesa Sanpaolo laisse deviner une volonté de construire un groupe de banque-assurance de taille européenne.
Cette hypothèse n'est pourtant pas la seule : il semble en effet que la stratégie du Groupe Generali soit de refuser cette construction ? Le temps, au moins, que notre Conseil d'Administration ne choisisse sa propre voie.

Ces informations arrivent après des mois de rumeurs et de démentis sur le rachat de Generali France par Axa ou Allianz.

Les salariés sont extrêmement inquiets.

Les représentants de la CFDT au Comité Européen l'ont dit aux dirigeants de l'entreprise cette semaine à Milan lors de leur réunion plénière.

Les élus de la CFDT vous le disent également.

Au nom de salariés ils vous posent les questions suivantes :

  • Quels sont les liens entre Generali et les banques italiennes Mediobanca et Intesa Sanpaolo qui rendent notre entreprise fragile à ce point ?
  • Quelles sont les motivations de ces banques et de ces assureurs et de quels moyens disposent-ils pour leurs projets ?
  • Les autorités de tutelles, dont la BCE, valideront elles la création d'une banque-assurance d'une taille aussi importante ?
  • Le Groupe Generali et sa filiale française sont-ils en danger d'être achetés et séparés les uns des autres ?

Nous travaillons depuis des mois avec une pression commerciale et financière de plus en plus importante.
Le Nouveau Contrat Social a montré la mobilisation de salariés qui ont fait largement leur part de l'effort demandé : le temps de travail augmenté de 5 jours pour tous les salariés administratifs en est la preuve.

Les forces commerciales de notre entreprise, Réseau Salarié, les collègues de La France Assurance et tous les corps de l'Inspection sont mobilisées au-delà du raisonnable.

A ces circonstances, le Groupe Generali a ajouté la contrainte d'une diminution de nos embauches. Ce qui rend les conditions de travail plus difficiles.

D'autant que les investissements informatiques ne sont pas au rendez-vous, comme en témoignent les ralentissements et les défaillances des outils dont nous nous servons tous les jours. A tel point que vous avez pris la peine d'écrire que cela ne pèserait pas sur les décisions de salaire de l'année 2017 !

Ultime mauvaise surprise, la presse laisse entendre que monsieur Minali, numéro deux du Groupe auprès de monsieur Donnet, recevrait une "indemnité" de départ de 5,8 millions d'euros ! Une somme humainement choquante et incompréhensible au regard des efforts qui sont demandés à tous.

Il vous appartient de donner aux élus de la CFDT et des autres organisations syndicales les réponses à ces questions préoccupantes et au centre des inquiétudes des salariés.
Les élus de la CFDT vous interpelleront lors de la réunion du Comité Central d'Entreprise qui se tiendra ce vendredi 27 janvier.

Dans l'attente de vos réponse et de votre éclairage, nous vous prions de croire, Monsieur le Directeur, en l'expression de notre considération.

Philippe Forestier
Délégué Syndical Central de la CFDT