déclaration devant le CC UES du 23 juin 2017

Monsieur le Président Directeur Général,

Les élus de la CFDT Generali constatent la responsabilité de la Direction Générale sur les dysfonctionnements de notre organisation de travail.

L'exemple de l'ANI est représentatif de ces erreurs et de leurs conséquences humaines désastreuses.

Le succès commercial des produits Santé de Generali a provoqué une augmentation de la charge de travail dans tous les services concernés : gestion, souscription, affectation des flux financiers, DFD, règlements et prestation. Cette charge de travail a été systématiquement sous-estimée, ce qui a provoqué immédiatement une surcharge au sein des équipes, dont celles de GGS et des prestations santé ont été les plus fortement atteintes.

Malheureusement, les solutions proposées n'ont pas été construites avec une réflexion générale, pas plus que les causes de cette pression n'ont été analysées.

Malgré une embauche de plus de 50 CDD en 2016, une opération "ORSEC" faisant appel à la solidarité et la sous-traitance massive auprès d'une entreprise externe, le bilan est
extrêmement négatif :

  • Les clients et les intermédiaires qui font appel à nous sont très largement mécontents
  • La qualité de notre service est dégradée
  • La crédibilité de la marque Generali est atteinte
  • Les salariés sont en situation de stress, de pression et pour certains de burn-out
  • Nos collègues de l'inspection et des réseaux doivent se justifier au lieu de conquérir des clients
  • Les coût de sous-traitance ont explosé sans aucun contrôle ni pilotage.

Les élus de la CFDT ont dénoncé ces dérives, revendiqué des mesures pratiques pour résoudre les problèmes, réclamé des mesures financières de reconnaissance en faveur des
collègues qui ont supporté cette charge et apporté leur aide.
Ces revendications restent pertinentes et la CFDT attend de la Direction Générale qu'elle décide au moins d'une prime exceptionnelle pour tous les salariés qui se sont mobilisés. Ce n'est qu'une juste reconnaissance.

Mais les causes de ces erreurs doivent être analysées.

La première est une incapacité d'analyser les besoins objectifs de nos clients et intermédiaires. Cette absence de vision "en hauteur" a provoqué une multiplication de fausses solutions de proximité. En aidant partiellement tel ou tel service, dans le désordre et l'incohérence, on n'a fait que renforcer les dérives sans prendre en compte le réel besoin du client ou de l’intermédiaire.

La seconde est une politique de l'emploi brouillonne et de court terme. En privant l'entreprise de ressources humaines pérennes et stables, la Direction italienne a démultiplié
les pertes de temps, d'énergie, de compétence et de mobilisation. Former en masse des CDD et des intérimaires impose de ne pas pouvoir faire pleinement son travail. Ceci a du sens si on peut garder durablement à l'effectif les nouveaux collègues. Mais rien n'a été résolu puisque ces CDD – indispensables à un moment donné – ont dû quitter Generali avant d'apporter toute l'aide dont nous avions besoin.

Le refus de la Direction italienne de reconnaître les gains de productivité du NCS – un investissement net des salariés - et les besoins structurels de l'entreprise, ce refus frôle le
sabotage.

La troisième est une politique de sous-traitance désordonnée, coûteuse et dangereuse. La société OWLIANCE est devenue une filiale de fait de Generali. A cette différence près qu'elle n'est actuellement ni contrôlée, ni pilotée. Nous avons même découvert qu'elle est parvenue à "sous-traiter" des missions à Generali en les faisant facturer ! Et les conditions de sécurité des accès Maestro par ces collègues externes ne sont en rien conformes aux obligations réglementaires et prudentielles qui sont les nôtres.

Avec le programme "fit to lead", qui vise à diminuer artificiellement les "charges salariales", la Direction réussit un véritable tour de passe-passe financier. Mais elle met en danger
l'ensemble de l'équilibre structurel de Generali. Car supprimer des salaires pour payer des sous-traitants n'est pas une économie !

Votre arrivée, monsieur Granier, vous donne l'occasion de mettre fin à ce gâchis humain, professionnel et financier.

Pour la CFDT les pistes de solutions existent et nous les soumettons à la Direction Générale.

A court terme, il convient de reprendre le contrôle de toutes les demandes écrites – courriers et mails – de nos clients, intermédiaires et commerciaux.

En les centralisant et en les introduisant sous l'outil Maestro, il redevient possible de collecter l'historique de chaque client. C'est à cette étape qu'une équipe dédiée, transversale, doit établir les tris pertinents et les affectations des bons de travail. Ainsi Generali reprendra le contrôle de son activité.

C'est également la seule solution qui évite la dispersion des informations. De telle sorte que les collègues qui sont en "front" téléphonique puissent connaître tout l'historique des
appelants par simple consultation.

Cette centralisation du flux principal doit ensuite être coordonnée avec une redéfinition des priorités de chaque service. Afin que les missions principales soient réalisées dans l'urgence et les secondaires reportées intelligemment. C'est une condition indispensable pour cesser le traitement par l'urgence d'arrivée.

Et c'est ainsi également que l'on mettra fin à l'absurde gestion des mails actuelle. De trop nombreux collègues sont obligés de passer leur temps à rechercher des informations dans des boites de classement qui peuvent atteindre plus de 50 niveaux ! Sans même évoquer les mails effacés en masse, ou cachés dans des dossiers introuvables...

A moyen terme, la Direction Générale doit absolument interroger toute l'organisation de ces opérations en orientant sa réflexion sur les chaines de production. En d'autres termes :
comment satisfaire nos interlocuteurs le plus vite possible. Et non comment faire rentrer des flux de demandes dans des "boites" qui ne sont pas adaptées. Ainsi il sera possible d'affecter les salariés auprès des services pertinents et pour mener des actions utiles : redonner aux managers de proximité leur capacité d'action doit être une priorité.

Et il faut mettre fin à la dérive qui permet aujourd'hui à une entreprise tierce, OWLIANCE, de se servir de Generali au lieu de la servir. Ce sont nos emplois qui sont déplacés abusivement.

A long terme, il est indispensable que la DRH et la Direction de l'Organisation travaillent ensemble à la négociation de la GEPP. Cette Gestion des Emplois et des Parcours
Professionnels doit être conduite sur deux axes :

  • Celui des chaines de production et de valeur. Ce qui revient à poser la question de savoir de quelles compétences nous avons besoin, pour répondre à quelles demandes et gagner quel argent ?
  • Celui des ressources des salariés. Ce qui revient à poser la question des compétences disponibles immédiatement, ou des parcours de formation à élaborer pour que nos collègues puissent les acquérir.

Si cette coordination n'est pas faite, il y a fort à craindre que la Direction de l'Organisation n'ait pour mandat que de savoir où l'on peut supprimer des postes... et que la DRH n'ait plus pour mission que de savoir comment on fait passer cette purge.

Vous pouvez déjà acter que la CFDT s'y opposera !

Generali est une formidable entreprise. Et les salariés de Generali peuvent être fiers de ce qu'ils ont fait pour y arriver.

Monsieur Granier, vous arrivez à un moment historique de la vie de notre entreprise. En veillant à l'équilibre entre la juste reconnaissance des compétences et de l'engagement des
salariés avec les contraintes techniques et économiques qui pèsent sur notre entreprise, vous pouvez mobiliser les ressources pour en faire la compagnie de référence de l'Assurance.

Ce qui est, à notre connaissance, précisément l'objectif de monsieur Donnet...